
Que dire?Par où commencer?Je me déteste, face à ta grandeur je me sens si petite. J'avoue que je me suis désolidarisée de toi par un acte abjecte,j'ai plié sous la pression,j'ai déclenché le plan "auto -préservation" dans un moment de doute...
Le blog que je tiens est essentiellement dédié à la lecture, à la poésie et à la peinture, mais cela ne m'avait pas empêché, quand il le fallait ou quand je le sentais d'évoquer les problèmes de notre société; la censure, la liberté d'expression,la répression...J'avais publié des billets"engagés",susceptibles de ne pas plaire à Ammar, des textes qualifiables d'insolence, et dans un geste de désespoir et de peur, je les ai tous supprimés!!En cliquant sur la touche"supprimer" tout en étant confortablement installée devant mon écran, alors que tu croupissais(et que tu croupis )encore au fond d'une cellule froide bien gardée, j'ai commis un crime!!
Je te demande pardon, toi, que j'ai connue à travers tes écrits, tes combats et aussi par le billet de quelques rares communications téléphoniques, je te demande pardon de t'avoir lâchée, lâchement!!
Tes combats sont les miens, mais toi , tu as su les défendre jusqu"au bout,alors que moi, je les ai reniés!!Là où tu es ,FATMA, je sais que ma voix ne te parvient pas, et que c'est la tienne qu'on essaie d'étouffer qui franchit les barreaux et qui arrive jusqu'à moi!!Tiens bon Fatma, tiens bon pour toi d'abord, et pour nous ,pour nous donner la force de continuer!!Dans mon affolement, dans la précipitation, dans ma résignation d'épouse et de mère de trois enfants, face à la machine terrible de répression, je ne me suis même pas souciée de garder une copie de ces billets,sauf un ou deux qui sont chers à mon coeur, et je te promets de les remettre en ligne, FATMA, je les republirai rien que pour toi, tout en espérant qu'un jour, un bloggeur tunisien pourra écrire ce qu'il pense sans avoir une épée de Damoclès au dessus de la tête